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1925 - 2025 : une expo-fleuve

L’Endroit indiqué accueille Janice Gurney, Nico Pam Dick et Stephen Collis, premières contributrices/teurs à un cycle d’œuvres en 2025 et 2026. Pour cet événement cinématographique, concocté expressément pour être vu de la rue, chaque contributeur·rice ajoutera un nouvel élément au flux d’images, de mots et de choses. Une expo-fleuve. Nous nous demandons : en quoi consiste ce moment présent, en quoi consiste une vie, en quoi consistent les points de repère d’une réflexion sur la pensée du « maintenant » ? - Andrew Forster [Arrangeur]

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L'Endroit indiqué se trouve dans le quartier du Plateau à Montréal, à l'angle de la rue Marie-anne et de l'avenue Laval. Ces grandes fenêtres étaient probablement un dépaneur dans le passé. Il s'agit d'un quartier résidentiel pas très calme, délimité par des rues commerciales animées (St-Laurent et St-Denis). Il y a une école de l'autre côté de la rue. La rue Marie-anne est un raccourci piétonnier reliant le métro au Parc Mont-Royal. En tant que lieu, l'Endroit est moins un instrument dans des réseaux professionnels qu'un espace pour les gens qui tournent le coin, sur leurs différentes trajectoires quotidiennes, et remarquent qu'il se passe quelque chose d'étrange et peut-être captivant.

JANICE GURNEY : Pendant de nombreuses années, j’ai réalisé des œuvres avec des images de films, les utilisant comme élément dans un contexte pouvant inclure photographies, peintures et textes. J’étais fortement attirée par les images des films de Michelangelo Antonioni, la beauté de leur structure à la fois luxuriante et austère. Mon travail récent avec les photos de films est plus direct : l’image que j’ai utilisée dans La paix est faible est tirée du film d’Antonioni L’Éclipse (1962) : c’est celle de l’arrière de la tête d’un homme qui marche sur un passage pour piétons en lisant un journal italien dont le gros titre est sinistre. Elle se juxtapose à l’image de l’arrière de la tête d’une femme qui traverse la rue en lisant un journal. La manchette de celui-ci est traduite (en français et en anglais pour cette exposition). La deuxième photo a été prise 60 ans après la réalisation du film. Le titre trouve encore un écho en nous aujourd’hui.



MICHELANGELO ANTONIONI : L'Eclisse (L'Éclipse), 1962. Avec Alain Delon et Monica Vitti. Tourné dans le quartier EUR de Rome, conçu par Mussolini comme lieu moderniste pour une exposition universelle qui n'a jamais eu lieu, achevé dans les années 1960. La dernière séquence de 7 minutes de l'Éclisse, où la caméra s'éloigne des protagonistes, est un célèbre montage cinématographique d'images évoquant une vision de plus en plus sombre d'une ville moderne comme scénographie d'une crise existentielle du C20.

LIEN : vidéo-clip de 5'

NICO PAM DICK : L’Espace éphémère. An alterspace. Iterative zone to view, inhabit. Drawing it means entering. What rests by changing? L’ébauche, l’éclat. Pour s’écarter. Reject eclipse: for now, elude hard fact. Rebel with play to counter danger. Thus form a two-layer interval with Gurney’s install, outlook, gesture. Set in oscillation. Mais le dessin lui-même vibre. It transceives. With minimal structure, maximal negative space. The formal as the private, intimate. Yet open. Intimation. And not cold: delicate, handmade. Contra Antonioni? Contrast L’Eclisse’s images of the sharp, balconied building, the stalled new building, deserted areas, with L’espace’s empty/full designs. There, the minimal and incomplete seem harsh, ominous, if also beautiful. Here, they try for modest, luminous. With abstract joy, as of his film’s protagonist at airfield. Geometry’s still motion yielding other sense of moving picture. Fast and flickering. The way is to keep making. A temporary dwelling-place. A model of a micropeace? A spacedraft’s paper architecture. To spatialize, to spiritualize the Now.


BIO - JANICE GURNEY : En 1977, Janice Gurney déménage, avec son mari Andy Patton, de Winnipeg à Toronto, où ils deviennent partie prenante de la communauté artistique. En 1992, le Musée des beaux-arts de Winnipeg organise Sum Over Histories, exposition rétrospective de son travail des dix dernières années, présentée dans cinq lieux au Canada. Ses œuvres font partie de plusieurs collections, dont le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée des beaux-arts de l’Ontario, le Musée des beaux-arts de Winnipeg et le Museum London. Gurney est coéditrice avec Julian Jason Haladyn de Community of Images : Strategies of Appropriation in Canadian Art, 1977-1990, ouvrage publié par YYZBOOKS en 2022.


BIO - NICO PAM DICK : Artist, writer and philosopher Nico Pam Dick (aka Moyna/Moina/Gregoire Pam Dick et al.) is the author of five hybrid prose-poetry books, four of which include drawings and/or text pages composed as drawings. Her works explore unruly play, vagabond notations, spare or dense improvised structures and spaces—visual, translingual, sonic, conceptual. Taken together, these works belong to the shifting region that is The Demo Zones. While Dick is based in New York, where most of her art demos hide out, she also frequents Montreal, where some such demos seem less reclusive. She is author of the author of Metaphysical Licks (BookHug, 2014) and Delinquent (Futurepoem, 2009).